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Comment assumer sa vulnérabilité pour en faire une force ? | Pauline Laigneau

Pendant longtemps j’ai eu peur d’exposer mes failles. J’avais peur d’être jugée, de perdre en légitimité (fichu syndrome de l’imposteur…). Je cherchais sans cesse à cacher ma vulnérabilité.

Jusqu’au fameux déclic : le jour où j’ai parlé de mon échec à l’ENA.

Roxanne Varza – directrice de Station F que j’ai eu le plaisir de recevoir sur le Gratin – organisait alors des « FailCon », ces fameuses conférences pour parler d’échec sans tabou. Encore aujourd’hui je la remercie.

Elle m’a demandé de parler publiquement d’un de mes échecs les plus marquants. Mon 2/20 à l’ENA m’est immédiatement venu à l’esprit.

Je me rappelle que j’hésitais à parler d’une histoire aussi personnelle en public. J’avais peur de m’exposer. J’avais honte. Mais j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et me lancer.

Ce talk a été un coup de poing dans la figure : mes aveux avaient fait sens autour de moi ! J’ai eu tellement de messages de personnes qui m’ont dit « mais j’ai vécu la même chose ! ».

Certains me félicitait même d’assumer cet échec. D’oser le dire publiquement. De prendre ce risque.

Ce jour-là d’avril 2014, en lisant tous les messages de remerciement que j’avais reçus, j’ai compris une chose fondamentale : la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, c’est une force.

Depuis cette date, j’ai pu constater à maintes reprises le pouvoir de la vulnérabilité. C’est ce que j’ai voulu vous partager dans cet article.

1.     Assumer sa vulnérabilité pour donner envie aux autres de travailler avec soi

Comme je vous l’ai dit plus haut, il y a quelques temps j’avais tendance à cacher mes faiblesses, par peur de perdre en crédibilité auprès des autres, sur les réseaux mais aussi dans mon entreprise en tant que manager.

Si vous êtes dans ce cas-là aussi, jouons à un petit jeu et faites un test avec moi : mettez-vous à la place de ceux qui vous entourent. Vraiment. Essayez de visualiser.

Vous n’êtes plus vous-même : vous êtes désormais Pierre, Julien ou Elodie. Que pensez-vous ? Quelles sont vos peurs ? Qu’est-ce qui vous motive et vous donne envie de vous dépasser ?

Les ordres d’un manager impassible ? Un CEO qui ne semble affecté par rien ni personne ? Pas vraiment…

Que se passe-t-il à l’inverse si Pierre, Julien ou Elodie ont en face d’eux un manager qui assume les coups durs ? Qui admet quand il est en difficulté ? Qui montre qu’il a besoin de son équipe pour avancer ?

Vous avez sûrement la bonne réponse. Ce pari risqué au départ, a tout d’un pari gagnant à long terme.

Dans un épisode récent du Gratin, Jean de la Rochebrochard nous dit très justement que la vulnérabilité « c’est ce qu’on ressent, c’est ce qui nous rapproche des autres ».

Être vulnérable c’est se donner l’opportunité de créer un vrai lien de confiance et de loyauté.  

Qu’on se le dise, reconnaître ses faiblesses revient souvent à dire “j’ai besoin de ton aide”. Elles renforcent ainsi les liens avec les membres d’une équipe ou son entourage : quand les gens ont l’impression d’aider, de se sentir utiles, ils sont capables de se dépasser et de repousser certaines limites (beaucoup plus que si on leur dit juste “fais ci, fais ça”).

Un vrai cercle vertueux s’instaure alors. Plus de masque. Plus de représentation. Le bon leader n’est pas parfait et l’assume. Il inspire car il est lui-même.

2.    La “vulnérabilité” : le meilleur allié du leader  

Quelle est la particularité des meilleurs leaders ? Qu’est-ce qui les rend si inspirants ? La réponse, pour Brené Brown dans son livre Daring Greatly c’est d’avoir le courage de se montrer vulnérable.

Dans un monde où nous cherchons sans cesse à être parfaitoù nous croyons aux performances maîtrisées, choisir de se montrer vulnérable est une vraie preuve de courage.

Car le dénominateur commun de ceux qui réussissent, qui fédèrent et qui créent du lien c’est qu’ils assument leur vulnérabilité : pensez par exemple à Maximus dans Gladiator qui fédère dans la douleur physique et morale, ou encore à certains sportifs comme le célèbre tennisman André Agassi qui ose renvoyer l’image d’un homme faible dans son livre autobiographique Open.

On n’attend pas d’un leader qu’il soit parfait. On attend qu’il nous tire vers le haut, qu’il nous montre la voie.

Je crois qu’on a tout à gagner à faire tomber le masque, à oser dévoiler sa vulnérabilité pour inspirer et encourager les autres à l’être.

Notre vulnérabilité nous invite à montrer notre empathie et devient un véritable outil d’intelligence émotionnelle, indispensable à tout leader.

Alors, la prochaine fois que vous avez peur d’exprimer vos difficultés, je vous invite à repenser à cet article pour trouver le courage d’honorer votre vulnérabilité et d’en faire une force.

Partagez en commentaires vos réflexions sur le sujet et aussi vos astuces personnelles, je suis sûre que cela pourra donner des idées à beaucoup d’autres autour de nous 🙂

Bon week-end et à bientôt !

Pauline

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