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Pourquoi vous devez apprendre à dire « non » ? | Pauline Laigneau

Un jour, en ouvrant mon agenda bien rempli, j’ai fait un constat : toutes les tâches de ma semaine étaient des réponses à des requêtes que l’on m’avait faites.

Pas un rendez-vous n’était le fruit de mon initiative. 

Zéro. Niet. Nada. 

Je me sentais éparpillée, décentrée et ce n’était pas par manque d’organisation.

J’avais des projets plein la tête et pourtant je n’arrivais pas à trouver le temps de travailler dessus, car mon agenda était rempli par … des projets qui n’étaient pas les miens. 

D’un autre côté, la générosité est une valeur qui m’est chère. Je vous le répète souvent sur les réseaux sociaux, soyez généreux et le ciel vous le rendra. Donnez avant de recevoir.

Cependant, je pense qu’il est essentiel de savoir dire « non » de temps en temps pour mieux dire « oui » aux projets qui nous tiennent vraiment à cœur.

Et puisque nous n’avons ni cinq bras, ni trois cerveaux travaillant simultanément et pas une minute de plus que les 24h quotidiennes, il faut bien faire des choix et donc refuser certaines propositions…

Pourquoi nous ne savons pas dire « non »

Cela semble si simple de dire NON – regardez un enfant de deux ans le faire, ils sont des experts en la matière 🙂

Et pourtant c’est le énième projet que l’on ne sent qu’à moitié et dans lequel on s’est laissé embarquer malgré soi.

On se promet que c’est la dernière fois et puis … on recommence. 

Mais pourquoi donc est-il si difficile de dire non ?

Tout d’abord, je pense que cette incapacité de dire non est liée à nos émotions. 

Au fond, en disant non, on a simplement peur de déplaire. De ne pas être aimé. 

Comme si notre seul refus pouvait remettre en cause toute une relation, confiance ou réputation !

Alors nous disons oui, presque par défaut, car dire « non » semble aller à contre-courant de ce qui est attendu de nous. Syndrome du bon élève quand tu nous tiens …

Et puis, disons le franchement, parfois dire oui nous semble plus facile que dire non. 

Car nous pensons qu’une réponse négative doit toujours être accompagnée d’une justification. Se pose alors la question de savoir si la justification que l’on va donner sera assez grande pour nous faire pardonner du péché d’avoir refusé la requête.

« Est-ce que les circonstances actuelles me donnent le droit de refuser ce que l’on me demande ? » nous demandons-nous.

Devant ce petit moment d’inconfort, beaucoup d’entre nous, sacrifient des heures précieuses et de l’énergie pour finalement regretter de ne pas avoir su décliner une invitation.

Il y a une autre raison qui fait que nous ne disons pas non alors que nous devrions le faire : nous surestimons notre temps.

Devant les propositions qui nous sont faites, nous avons parfois réellement envie de dire oui.

Mais nous oublions que nous ne pouvons pas tout faire. Que choisir c’est renoncer et qu’il est vital, pourtant, de faire des choix.

Nous disons oui à tout ce qui nous plaît pour finalement nous retrouver submergés d’activités ou d’engagements que nous n’avons même pas vraiment choisis.

Et là c’est le craquage assuré. Ces fameuses fois où vous comme moi « pétez les plombs” et dites non à tout parfois avec agressivité…

« Connais-toi toi-même »

Pour mieux dire non, un petit moment de réflexion s’impose.

Comme je vous incite à le faire dans ma vidéo Ma méthode pour définir sa stratégie de vie, accordez-vous un peu de temps pour analyser votre agenda.

Quels sont les projets pour lesquels vous avez dit oui, alors qu’au fond vous aviez envie de vous concentrer sur autre chose ?

Aussi, avez-vous déjà été contraint de refuser un projet qui vous plaît car la place était prise par un autre, qui pourtant vous paraissait moins intéressant ?

Analyser mon agenda, c’est désormais un exercice que je fais systématiquement en fin d’année (mais je pense que tout moment est opportun pour le faire). Et cela fait vraiment une différence !

Cela me permet de voir quels sont les projets, les rencontres, les relations, qui m’ont le plus enthousiasmée et portée. Je définis ainsi les contours des choses ou des personnes pour lesquelles j’ai davantage envie de dire oui par la suite. Et ceux pour lesquels le non s’impose.

J’ai ainsi commencé à dire non à des invitations, conférences, interventions pour me concentrer sur mon travail. Et vous savez quoi ? Je n’ai quasiment jamais regretté d’avoir dit non.

Prendre les commandes de son temps

Avez-vous remarqué que lorsque vous n’avez rien de prévu, d’autres ont plein d’idées pour occuper votre temps ?

Même si parfois, il est tentant d’aller au feeling, et de ne rien planifier, j’ai constaté l’importance de prendre le temps de soi-même organiser ses journées et ses semaines.

Car si vous ne choisissez pas, alors c’est quelqu’un d’autre qui le fera pour vous. 

Vous n’êtes pas obligé de remplir chaque ligne de votre agenda : vous pouvez même décider de vous accorder des plages de temps libre dans lesquelles vous n’accepterez aucun rendez-vous – ou alors seulement s’il s’agit de votre personne préférée 😉

L’idée est de reprendre les commandes de son temps, de s’aménager de l’espace et de l’énergie pour ce qui nous intéresse vraiment.

Et c’est quand on sait vraiment ce qui nous donne envie de dire oui, qu’on réalise qu’on va devoir dire non à d’autres projets…

D’accord, mais comment le faire ? 🙂

Dire « non » avec grâce

S’il y a bien une personne qui a l’art et la manière de dire « non » tout en restant généreux, c’est Fabien Olicard. 

Et puisque le sujet m’intéresse, je l’ai interviewé sur ma chaîne Youtube sur ce thème. Je vous invite vivement à voir l’épisode si vous souffrez, comme c’était mon cas, du syndrome YES (wo)man. Fabien y est justement très généreux en conseils et je pense que la vision qu’il partage pourra en inspirer plus d’un.

Fabien nous explique qu’il reçoit chaque jour des nombreuses demandes, il doit en refuser une grande partie, mais ne le fait pas n’importe comment.

En fonction du type de demande, il a écrit un texte en amont dans lequel il reprend ses projets en cours et il explique pourquoi il ne pourra pas honorer la demande. Il adapte son texte à son interlocuteur. Et bien sûr, il remet son texte à jour dès que nécessaire.

Cette méthode me semble géniale pour deux raisons : tout d’abord, elle facilite notre capacité à dire « non » car nous savons pourquoi nous le faisons et nous avons déjà une justification (c’est en général ce qui nous pèse).

D’autre part, cette méthode permet également de faire un retour respectueux à la personne qui nous a fait la demande, en lui faisant comprendre que notre refus n’a rien de personnel.

Je ne crois pas que tout « non » doit s’accompagner d’une justification. Cependant il est clair que lorsque nous avons du mal à dire non, il est difficile du jour au lendemain, de le faire sans donner d’explication.

S’accorder le temps de réfléchir

Un autre conseil précieux de Fabien, qui a fortement résonné avec mon expérience, est de s’accorder le temps de réfléchir avant de donner sa réponse.

Comme moi, vous vous êtes déjà sûrement retrouvé dans une situation où vous vous sentez pressé de donner une réponse immédiate. Vous vous retrouvez alors à dire oui, alors qu’à l’intérieur, des signaux d’alarme brillent de mille feux pour vous exhorter à reconsidérer la proposition à froid.

Dans ce cas, n’hésitez pas à dire à votre interlocuteur que vous allez lui donner la réponse plus tard, après avoir réfléchi, évalué votre temps, parlé avec vos collaborateurs etc.

Ne donnez pas de réponse lorsque vous n’êtes pas tout à fait sûr de ce dans quoi vous vous embarquez.

Voilà, j’espère que ces conseils vous auront aidés. J’aurai pour ma part bien aimé les découvrir plus tôt dans ma vie : quel temps gagné !

N’hésitez pas à partager en commentaires les fois où vous avez dit « non » et cela s’est avéré payant, cela pourra être utile à d’autres !

A bientôt !

Pauline

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